Privé : Sous les arbres la mer

 

Lucie Bayens

Le projet de Lucie Bayens sera présenté au Parc Palmer à deux pas de l’Ecole de Musique de Cenon du 23 au 27 juin 2021.

Lucie Bayens glane ce que l’on considère comme déchet ou obsolète, ce qu’elle nomme les abjects. Il s’agit de matières organiques, plastiques et d’objets du quotidien. Elle les assemble pour réaliser des sculptures textiles avec lesquelles elle compose des installations in situ. Elle associe inerte et vivant en intégrant de plus en plus de plantes. Ses recherches s’apparentent à une enquête anthropologique. Ici, c’est la vegetation qui va accueillir l’installation suspendue : “J’ai tout de suite pensé à une colonie de planctons accrochés sous les arbres, à un hommage aux formes de vies primaires bien que spectaculaires. Un parc, un fond marin où la perte d’échelle côtoie un point de vue imprenable sur la Garonne. J’ai été ravie de travailler de concert avec les tricoteuses* qui se sont engagées dans ce projet. Au début, je me suis appuyée sur les photographies de Christian Sardet prises lors de la dernière expédition Tara Océans et des célèbres dessins de cabinet de curiosité d’Albertus Seba. Lors de ces rencontres, nous échangions sur les formes que j’imaginais et les techniques qu’elles pouvaient me proposer pour réaliser ces sculptures textiles. Des collectes ont été organisées dans le quartier pour faire, autant que possible, avec les moyens du bord. Car à bien y penser, nous sommes tous sur le même bateau et nous venons de la mer.” Lucie Bayens.

 

Le 23 juin en fin d’après-midi, jour de l’inauguration, une création sonore sera à écouter en direct.
Réalisée pour l’installation de Lucie Bayens, elle est a été composée par Elisa Dignac professeure de violoncelle, interprétée par la classe de violoncelle de l’Ecole de Musique et sera enregistrée au studio Beauval de Bassens.

 

Privé : Sous les arbres la mer par

Lucie Bayens

Artiste plasticienne, Lucie Bayens vit et travaille à Bordeaux. Elle réalise des sculptures à la jonction de nature et culture afin de composer des installations. Son travail prend racines dans le non-sens de cette dualité, marqué par le temps long de la confection et de la germination, elle se sert du territoire comme d’une caisse de résonance. Elle glane les infamies sur les rivages, dans la nature plus ou moins apprivoisée puis agence des objets d’art en oxymore où les mots touchent la chair. Lucie fait vibrer les signes et tisse des liens à l’aide de techniques vernaculaires. Elle transgresse la tradition du geste, ce qui donne une certaine ambivalence formelle à sa recherche. Ces objets sont des acculturations qui tendent des ponts entre sauvage et civilisé pour mieux construire, tout contre le barbare.

« Spontanément, certains visiteurs d’expositions ou d’atelier m’ont apporté des abjects d’origine animale, végétale ou plastique trouvés dans la cuisine ou lors de promenades, afin de participer activement à cette néguentropie. Depuis j’invite les spectateurs à glaner, dans leur quotidien, puis à me faire don de ces trésors qui constituent ma palette, donnant ainsi la part belle à la contingence et résistant à une vision utilitariste de notre environnement et ce qui le compose. Suivant la définition de Schopenhauer, pour qui l’art est la communication universelle d’un secret qui modifie le sujet et l’objet pour percer au jour le vouloir vivre; les allers-retours entre les différentes techniques, supports et matières utilisées, ainsi que les glissements sémantiques m’offrent un espace de devenir.  »

Lucie Bayens a toujours vécu au bord de l’eau. Depuis l’enfance, elle y observe la nature et les hommes, dans leur alternance de calme et de violence. L’eau et sa trajectoire occupent une place centrale dans sa pratique car «L’histoire d’un ruisseau, même de celui qui naît et se perd dans la mousse, est l’histoire de l’infini» Elisée Reclus.

 

 

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